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Bulletins d’Adhésion
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Bulletins d’Adhésion »
17 janvier 2010 14 h 52 min
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Donna Williams est autiste, son livre est l’histoire véridique de sa vie, un livre enrichissant qui amène à réviser bien des idées reçues sur la normalité, j’ai choisi quelques passages qui me semblent pertinents :
« Plus je prenais connaissance du monde autour de moi, plus j’en avais peur. Les gens étaient mes ennemis, et leur arme consistait à chercher à m’atteindre. »
« Les gens disaient toujours que je n’avais pas d’amis. Mais mon univers était rempli d’amis. Et ces amis-là étaient autrement merveilleux, dignes de confiance, prévisibles et réels que les autres enfants. Et surtout, surtout, ils arrivaient en offrant les garanties d’une parfaite sécurité. C’était un monde que j’avais créé, où je n’avais pas besoin de me faire violence pour me maîtriser. C’était un monde où les objets, les animaux, la nature pouvaient se contenter d’exister en ma présence. »
« Quand j’étais enfant, ce qui me perturbait et brisait la sécurité de mon petit monde, pour s’imprimer ensuite douloureusement dans mon esprit, était cela même que tout un chacun considère comme une bénédiction : la gentillesse, la compréhension et l’amour . Je comprenais les actes des autres surtout quand ils étaient excessifs. Par contre, je n’arrivais jamais à saisir mentalement les personnes comme un tout. Les intentions, les attentions, les désirs comme les espérances des gens, tout ce qui tourne autour de l’acte de donner et de recevoir me restait totalement étranger…. La subtilité des manifestations de douceur et de gentillesse me dépassait. La plupart des enfants apprennent très tôt à les discerner, à les accepter puis à les rechercher. Mais le temps de me rendre compte de quoi il retournait, les marques d’affection m’avaient déjà trop perturbée pour que je trouve moyen de m’y préparer… La moindre approche affective directe me terrorisait et me mettait en état de choc. Et quand les gens se mêlaient de me rassurer, ils ajoutaient encore à mon embarras, à mon trouble et à ma blessure. Décidément non, je ne fonctionnais pas comme la plupart des enfants. »
« Si c’est une lésion au cerveau qui m’a rendue ainsi, il semble qu’elle n’ait pas affecté mon intelligence, bien que je pusse paraître manquer totalement de bon sens. Seulement, tout ce que je percevais, il me fallait le décrypter, comme si toute information devait passer par une procédure de décodage très compliquée. On devait parfois me répéter une phrase plusieurs fois, car je ne l’avais entendue que par petits bouts. La façon dont mon esprit avait découpé la phrase en mots ne m’en laissait qu’un étrange message le plus souvent incompréhensible. On pourrait comparer ce que je ressentais à la disposition intellectuelle que tout un chacun connait bien quand il vaque à ses occupations en laissant la télévision allumée sans l’écouter vraiment…Je prenais toujours au pied de la lettre les paroles qui m’arrivaient en rafales de mots, et ne leur prêtais une signification que dans le contexte précis où elles étaient prononcées…Mon comportement était une énigme pour les gens comme le leur en était une pour moi. Ce n’était pas tant que je méprisais leurs règles, mais il m’était impossible de retenir les innombrables règlements qui s’appliquaient à chaque situation spécifique….Tout ce qui n’entrait pas dans ma sphère de contrôle personnel me décontenançait et m’inspirait des sentiments de panique ou de confusion. …Je ne pouvais faire un pas sans devoir me protéger de tout ce qui m’assaillait, ni sauvegarder mon intégrité personnelle sans repousser les contacts physique comme les marques de gentillesse et d’affection….Se mouvoir au sein du monde était une dure épreuve. Mon propre univers protégé me donnait une toute autre sécurité. Pour être solitaire il n’en était pas moins prévisible, et du moins s’y trouvait-on en lieu sûr. »
« Tout le monde aime ranger les choses en catégories. Je le fais avec les boutons, les rubans et les bouts de verre colorés. Quand aux gens, je ne les ai jamais classés qu’en deux catégories : « nous », et « eux ». »
« A certains moments, on m’a considérée comme une idiote et une imbécile ou, plus poliment comme une personne naïve . C’est que la nature de mon monde, en me faisant surmonter ma terreur des émotions, m’absorbait complètement. Et, pourtant, ces émotions étaient précisément celles dont on attend le plus dans la vie, celles qui viennent de l’amour et de l’affection. C’est là le paradoxe de l’autisme. »
« Les autistes ne sont ni fous, ni idiots, ni des anges, ni des êtes venus d’ailleurs. Ce sont des êtres humains secrètement piégés dans une affectivité mutilée… En ce qui me concerne, ma raison me dit bien que l’affection et la gentillesse ne me tueront pas. Cependant, ma réaction affective défie cette logique en me signifiant que les émotions les plus douces, les sensations les plus chaleureuses peuvent me tuer, ou du moins me faire souffrir. Quand j’essaie d’ignorer ce message, j’entre dans une sorte d’état de choc où tout ce qui advient me devient incompréhensible ou vide de sens. Cet état entraîne un suicide sensoriel, où je ne ressens plus rien, ni émotions ni sentiments, et obéis comme un robot, quand je suis encore capable d’une réaction quelconque. Dans le même temps, la volonté inconsciente d’échapper à leur prison affective explique pourquoi les autistes passent parfois pour des génies. Peut-être aperçoivent-ils alors une petite lumière dans l’obscurité et s’y cramponnent-ils comme si c’était la seule voie de salut. Si seulement c’était vrai ! »
Article « L’école face au handicap »
Une CLISS pour autistes à Cénon
Ajaccio : la première classe d’intégration scolaire pour les enfants autistes
Ajaccio : 2 classes spécifiques pour les autistes
Une classe expérimentale dans l’Aisne
Article « Pédagogie Magazine » Septembre 2008
Article « L’intégration dans le cas de l’autisme sans déficience intellectuelle »


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